Pourquoi il faut démanteler l’empire Bolloré

Vincent Bolloré est en train de mettre au pas le cinéma français. Nous savions que cela arriverait un jour, et bien nous y sommes.

La semaine passée, une importante mobilisation a secoué le milieu du cinéma et notamment le Festival de Cannes. Les professionnels du secteur ont dit leur refus de la mainmise du multimilliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré sur le secteur, notamment à travers Canal+.

Derrière le spectre fascisant de l’empire Bolloré, c’est la logique de concentration de tout le secteur de l’information et de la création entre les mains de quelques milliardaires qu’il s’agit d’abattre. 

L’empire Bolloré, symbole de l’extrême-droitisation 

Bolloré a étendu son emprise sur les secteurs de l’information et du cinéma à un point sans précédent dans l’histoire récente en France.

Dans une Tribune parue le 11 mai 2026, 600 professionnels du secteur ont alerté à juste titre sur un risque de mise au pas du cinéma au profit de la vision identitaire et réactionnaire que Bolloré assume de porter.

Il suffit de regarder du côté des médias Bolloré pour comprendre cette menace. En 25 ans de prédation sur le secteur des médias, Bolloré a construit un empire qui est la pointe avancée de l’extrême droite en France, et dont il assume utiliser les moyens pour mener son combat idéologique et mettre au pouvoir sa famille politique. Le parallèle, appuyé par certains historiens, avec le rôle joué par le grand patron de presse Alfred Hugenberg dans la montée du nazisme fait froid dans le dos.

Ses médias, et en première ligne CNews, habituée aux condamnations judiciaires pour racisme, déversent quotidiennement l’islamophobie et le racisme à un niveau jamais vu dans un média français depuis la Libération.

L’acharnement raciste contre mon camarade Bally Bagayoko depuis son élection à la mairie de Saint-Denis a montré que cette ligne éditoriale n’avait aucune limite.

Le risque d’une mise au pas identitaire du monde du cinéma est donc bien réel. Elle pourrait commencer avec la répression annoncée par le patron du groupe Canal+ contre les signataires de la tribune, avec qui il a promis de ne plus travailler. Il faut également craindre une généralisation de la censure des contenus dépendants du groupe Canal, à l’image de la série Paris police 1900, dont le scénario a été remanié à la demande de Vincent Bolloré. 

C’est tout le système de la concentration des médias qu’il faut abattre

Si Vincent Bolloré est évidemment un des avatars les plus inquiétants de ce contrôle total des médias et de l’audiovisuel par l’oligarchie réactionnaire, c’est tout ce système de concentration des médias et des moyens de production et de diffusion artistique et de l’information qu’il faut abattre au plus vite. 

Cette oligarchie tire l’essentiel de sa richesse d’autres domaines : la logistique, les hydrocarbures, le BTP, le commerce international, l’armement, la finance etc. Le contrôle des médias, tout comme des secteurs de l’édition ou du cinéma, n’est pas un investissement rentable financièrement. C’est une arme.

C’est d’abord une arme de pression sur les politiques. Pour ces fortunes construites essentiellement dans des secteurs qui dépendent de la commande publique ou de la réglementation de l’Etat, l’enjeu est majeur. C’est aussi une arme idéologique pour peser sur le débat public.

Aujourd’hui, 90% des médias privés sont détenus par seulement 9 milliardaires. 75% du chiffre d’affaire de l’édition est réalisé par seulement 5 groupes. Et la tendance ne fait que s’accentuer, s’accompagnant d’un sabordage du secteur public par les gouvernements successifs, qui ouvrent grandes les portes de ces marchés aux intérêts des multinationales. 

Ma collègue Sarah Legrain a bataillé depuis des années à l’Assemblée nationale pour limiter l’ampleur et la violence de l’empire médiatique Bolloré. Questions au gouvernement, commissions d’enquêtes, propositions de loi : toutes ses alertes sur le phénomène ont été ignorées par la Macronie. Bolloré a donc les mains libres.

En 2027, nous démantèlerons ces empires

Dès notre arrivée au pouvoir, nous appliquerons un programme radical pour libérer les médias, l’édition et le cinéma de ces empires et des impératifs de productivité et de rentabilité. La démocratie n’existe pas sans une information libre, reprise des mains des oligarques.

Nous remettrons l’audiovisuel public au cœur de la création et de la production audiovisuelle et mettrons en place une grande loi anti-concentration afin d’empêcher les monopoles et de garantir le pluralisme.

Nous lancerons un grand plan pour le développement du cinéma français, en favorisant sa diversité et son indépendance. Nous protégerons les catalogues de films et nos lieux culturels des opérations de rachat par des acteurs extra-européens. Nous augmenterons les obligations d’achat d’œuvres audiovisuelles françaises pour les chaînes de télévision françaises. Nous prévoyons un plan similaire pour le livre. 

Nous refonderons le système des aides du Centre national du cinéma (CNC) en le conditionnant au respect des normes sociales et de la lutte contre les discriminations. 

Nous favoriserons des modèles économiques permettant l’indépendance et le contrôle des moyens de production et de diffusion, et la mutualisation de ces moyens.

Nous créerons un Conseil national des Médias, regroupant les missions de l’ARCOM et des autres agences de contrôle, composé de représentants des pouvoirs exécutifs et législatifs, de professionnels et d’usagers. Véritable contre-pouvoir citoyen, il garantira le pluralisme des opinions et des supports ainsi que la qualité de tous les médias. 

Nous renforcerons le statut juridique des rédactions, pour leur donner plus de pouvoir, de liberté et d’indépendance, notamment face aux actionnaires. 

Tout notre programme est disponible sur : https://melenchon2027.fr/programme2025/livre/ 

Il y a urgence. Ce programme est une nécessité pour protéger nos libertés, l’imagination, la création et celles de nos enfants. Nous comptons sur chacun pour nous aider à le porter. 

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