Ce mardi 27 octobre, j’ai eu le grand honneur de recevoir à l’Assemblée nationale des lycéens du Val-de-Marne, aux côtés de mes collègues Mathilde Panot et Louis Boyard. Plus de vingt lycées de tout le département étaient représentés.

Ils et elles nous ont partagé leurs conditions d’études, leurs revendications et leurs aspirations pour l’avenir du mouvement lycéen. Je vous raconte.
Le mouvement national historique de la jeunesse est parti, dans l’Hexagone, de la mobilisation du lycée Saint-Exupéry à Créteil au mois de septembre. Les lycées du Val-de-Marne ont naturellement été à l’avant-garde de la mobilisation durant les semaines passées.
C’est avec une liste de problèmes locaux concrets, mais aussi une forte conscience du système injuste qui défavorise les lycéens des villes populaires, que les représentants de chaque établissement sont venus faire entendre leur voix à l’Assemblée.
Le constat est clair, la plupart des lycées partagent des problématiques similaires. Voici la liste de celles qu’ils nous ont partagées :
- Des locaux vétustes et dégradés, parfois invivables, avec trop peu de toilettes fonctionnels, des problèmes d’insalubrité, d’isolation (plusieurs lycéens ont évoqué 40°C en été et devoir faire cours en manteau en hiver), des inondations, des fissures, des moisissures.
- Le manque de matériel : tables et chaises, ordinateurs, vidéoprojecteurs, manuels scolaires.
- Le manque de professeurs, parfois toute l’année du bac dans des matières fondamentales.
- Le manque d’accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH), d’infirmières et d’assistantes sociales.
- Trop peu de temps pour manger à la cantine, qui s’ajoute parfois à l’insalubrité et au manque de places.
- L’inadaptation de nombreux bâtiments aux normes d’accueil des personnes à mobilité réduite (PMR).
- Le manque d’écoute et de réaction lorsque des comportements inappropriés de la part d’adultes sont signalés.
Ils sont également nombreux à relever une répression et des sanctions pesant sur leur scolarité, ciblant particulièrement les filières professionnelles dans certains établissements.
Ils dénoncent l’injustice et le manque de transparence de la plateforme de sélection Parcoursup, et les inégalités par rapport aux quartiers favorisés et aux établissements privés.

En partant de leurs expériences, ils ont mis en avant plusieurs chantiers prioritaires, faisant écho à la liste de 10 revendications portées par les organisations de jeunesse à l’échelle nationale (10 mesures d’urgence pour la jeunesse – L’Union Étudiante) :
- Plus de places à l’université et un système d’affectation plus transparent et garantissant l’égalité entre les établissements
- La revalorisation du métier et des salaires des professeurs
- Renforcer la représentation des lycéens dans les établissements, organiser des temps d’écoute et mettre fin à l’infantilisation
- Garantir un droit à la déconnexion et la vie extrascolaire avec des moyens pour l’accès à la culture (sorties culturelles, Pass Culture)
- Plus de transparence et de justice dans la répartition des moyens entre établissements, notamment rediriger les subventions des lycées privés vers ceux en ayant besoin
- Mettre en place des cellules d’écoute pour la santé mentale des jeunes
- Améliorer l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR), permettre effectivement la mise en place des aménagements de scolarité et recruter plus d’accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH)
- Permettre aux élèves post-bac éloignés des restaurants CROUS de bénéficier de repas à 1€
Organisés, solidaires les uns des autres et motivés à continuer la mobilisation, les jeunes du Val-de-Marne montrent leur détermination à obtenir des réponses réelles à leurs revendications.
Cette jeunesse prend conscience de sa propre force et de sa légitimité. Ni le mépris ni les sanctions baillons ne les feront taire.
Seules des mesures politiques garantissant des conditions dignes, égales et offrant des perspectives d’avenir à toutes et tous peuvent répondre à leur colère.
Nous nous tiendrons à leurs côtés.